La santé hormonale: partage d’expérience.

La santé hormonale d’une femme: pas un papier scientifique, un retour d’expérience.

Tomber enceinte 3 mois après l’UTMB ça ne tombe pas du ciel. On me pose souvent la question si ça a été long, si c’était prévu, comment j’ai fait, etc…

Vous ne trouverez pas de recettes miracles ici. Mais un partage d’expériences, de mon ressenti et des choses médicales que j’ai mis en place depuis longtemps. Parce que c’est un sujet encore trop tabou et que l’on parle de la santé de la femme uniquement lors de la grossesse.

 Mais il faut parfois en parler avant, avant même de vouloir des enfants !

Photos : Julien Raison

Et c’est mon cas. J’ai longtemps pensé que je ne voulais pas d’enfants.
Je ne suis pas de celles qui en ont toujours voulu depuis le plus jeune âge. Epanouie autrement, plein de projets à droite à gauche. Je suis heureuse comme ça et le temps file.

Mais par contre, ça ne m’a pas empêché de prendre soin de ma santé hormonale très tôt. J’ai toujours eu des cycles menstruels réguliers et surtout ça me tient à cœur.

Je trouvais ça “pas normal” de ne pas avoir ses règles malgré tout ce qu’on pouvait me dire pendant des années. Un retard de quelques jours m’a toujours mise en panique. J’agissais de suite en adaptant l’alimentation et la charge d’entraînement malgré qu’on me dise” c’est normal tu fais un gros bloc”.
Et ce depuis les heures d’entraînement sur les terrains de basket-ball!

J’ai toujours noté tous mes cycles et observé comment le corps s’adapte à l’entraînement de manière étonnante. Au fil des mois, au fil des années surtout. Car cela prend du temps.

Mais les menstruations sont la partie émergée de l’iceberg. Une infime partie en fait. C’est de loin pas le seul signe à observer.

En parallèle, j’effectue des prises de sang avec des marqueurs hormonaux plus ou moins poussés, en lien avec le cycle et les charges d’entraînement pour observer. Avoir une base de données, voir l’évolution. Un suivi en gynécologie du sport et micro nutrition poussé pour analyser cela parce que je n’ai pas les compétences !

 

Car la santé hormonale pour procréer, c’est aussi une santé pour s’assurer que l’on est en bonne santé. Surtout en sport d’ultra endurance. Homme et femme confondu.

Certains marqueurs sont les mêmes, que l’on souhaite des enfants ou pas.
Et n’attendez pas pour vous en préoccuper.

La récupération de mon premier 100 miles au niveau hormonal a duré plus de 6 mois. Mon corps a mis vraiment longtemps à s’adapter. Et j’ai toujours eu des règles régulières avec des cycles normaux. Encore en 2021, après l’UTMB, les marqueurs sanguins ont mis du temps à revenir à la normale. Je pense qu’il m’a fallu un an pour retrouver un niveau de forme identique à celui d’avant course. C’est pour cela qu’il était compliqué pour moi de refaire un 100 miles en sachant que je n’avais pas récupéré. Pourtant, la tête voulait !

C’est aussi un autre aspect à respecter, avoir des phases de régénération mentales et physiques complètes.

S’entourer de gens bienveillants, s’interroger et observer; il n’y a pas de règles. J’aime comparer une année sur l’autre et pas un jour à l’autre car les processus sont bien plus long à s’adapter ou à se désadapter.

Je ne vous donne pas de recettes miracles. Juste un partage d’expériences. Je ne dis pas que je suis parfaite mais qu’il est possible de rester en bonne santé et de performer sur des sports d’ultra endurance. Des professionnels compétents sont bien meilleurs que moi. Mais sans votre écoute de vous même, même si c’est les meilleurs, ils ne feront pas toujours tout !

Chaque individu est différent, chaque corps s’adapte différemment au stress. Et surtout en fonction du temps, des mois, des années il évolue en permanence.

Et parfois ce qui a marché ne fonctionne plus et inversement. L’équilibre c’est toujours de se questionner et se réajuster au bon moment ! Mais là on rentre dans de la philo ! Vous avez 4 heures !