6 mois de grossesse, début du dernier trimestre! 

En avant pour une nouvelle aventure!

Fin janvier, au retour d’un stage avec l’équipe Salomon, un retard de règles de 15 jours me met la puce à l’oreille. Je n’ai jamais eu de retard de règles et j’y suis toujours très attentive car c’est un bon indicateur de ma santé globale. Une première échographie de datation à un mois le confirme: je suis bien enceinte! 

 

Le premier mois, je suis très en forme. J’enchaîne les courses de ski de fond et de rando et les longues sorties sans soucis. 

Je passe le deuxième mois principalement en Norvège sur les ski de fond avec les copains. Un endroit qu’on adore pour s’entraîner depuis 4 ans, c’est devenu un rituel. Globalement je fais comme les autres années mais les sorties très longues me paraissent compliquées. J’arrivais à faire un 100 km mais cette année l’envie n’était pas là et les conditions non plus. Je n’ai évidemment pas insisté ! 

Le troisième mois, je suis clairement plus essoufflée mais je fais encore de belles sorties de ski de randonnée, des séances à pied avec Marianne même si j’ai du mal à la suivre! 

L’échographie du premier trimestre me confirme que tout va bien pour le bébé. Mes prises de sang aussi. Tout est au vert pour partir en stage avec l’équipe à Gran Canaria début avril et donc du quatrième mois. 

Avril : adaptation et plaisir

Je garde en tête de me préparer pour le 60 km de l’ultra de Madère. Je m’y prépare en adaptant chaque jour et si ce n’est pas possible, je déclinerai cette idée ! De toute façon, j’ai planifié d’y aller avec une belle équipe: Emeline, mon amie kiné, Thibault et Marianne. Je prendrai des infos pour faire le 100 km un jour, je vais continuer à m’entrainer et on a prévu des vacances avec Antoine après la course. 

Le stage se passe très bien: tout est adapté pour gérer la distance des journées. En effet, je ne sais pas si je vais pouvoir faire les 30km annoncés car mon énergie varie un peu. Je commence aussi à avoir des douleurs ligamentaires complètement normales mais sur lesquelles je ne souhaite pas tirer. Des ravitaillements sont prévus tous les 10km avec option retour à l’hôtel! C’est l’idéal pour moi. Le staff est aux petits soins. Parfois je rentre en vélo. 

Tous les jours je fais 15 minutes d’exercices de yoga et de périnée. Ça me fait du bien et je suis persuadé que ça me permet de courir et adapter mon corps en pleine évolution. J’avais en effet consulté Alice Morel, kiné spécialisé en posture et périnée. Ses exercices et sa vision sont hyper intéressants. 

J’ai également du temps pour dormir, me reposer. Mon rythme consacré à ma vie d’athlète est très confortable et c’est pour cela que je peux encore faire beaucoup car j’ai des temps de récupération. Lors d’une grossesse c’est primordial. Et c’est la grosse différence avec une femme qui travaille 35 heures semaine. Je suis vraiment chanceuse de pouvoir la vivre sereinement de ce côté là avec le soutien de mes partenaires. 

Fin avril et donc du 4ème mois, je profite de cette course à Madère. Je me suis promise que si c’était un jour sans, je mettais le clignotant. Je m’hydrate bien, je mange et je profite! C’est pas tous les jours ces opportunités de courir sans pression du résultat. C’est même unique. Les 15 derniers kilomètres sont quand même difficiles; comme si je terminais un 100 km! 

Cinquième mois : le sport au feeling

Le cinquième mois, c’est le retour à la maison. J’arrête la planification de l’entraînement avec Christophe. J’adapte toujours beaucoup mais je ne ressens plus le besoin d’avoir un plan d’entrainement. J’aime la rigueur que l’entraînement m’impose et ça me fait du bien. Mais il faut trouver l’équilibre et adapter à la forme du jour. Je suis persuadée que le sport m’aide à me sentir bien et évite grandement certains symptômes classiques de la femme enceinte. Il faut parfois trouver la motivation et l’énergie, mais moi ça m’a toujours fait du bien. La difficulté est de savoir quand on fait trop ou quand il faut se bouger ! Tout une histoire d’écoute et de ressenti. Et puis lâcher prise c’est important; parfois il ne faut pas chercher à tout rationaliser ! 

J’essaie donc d’articuler les semaines comme ceci en adaptant au jour le jour:  3 séances de musculation de une heure avec un footing de 45 minutes à 1 heure, 2 à 3 jours de sorties plus longues à vélo ou à pied et 1 ou 2 jours de repos complet selon les semaines. Un cadre (quand même!) mais je sais aussi en sortir ! 

Les séances de muscu sont adaptées et planifiées par Massamba, kiné, qui me suis depuis 3 ans en préparation physique. Moi qui n’aimait pas ça, je trouve ces séances géniales en cette période ! Je conserve plein de qualité musculaire, je me renforce (avec le poids qui augmente ce n’est pas négligeable) et je ne souffre pas trop (ceci dit, ça dépend les séances !) 

Et puis le yoga! Une heure de cours par semaine et mes routines tous les matins. Je sens que j’en ai besoin. Le corps s’adapte très bien mais il change et se modifie. La respiration et les mouvements m’aident vraiment à trouver le juste équilibre et rester à l’écoute. Je me rends encore plus compte de ce que le yoga m’apporte, enceinte ou pas. 

Sixième mois : écouter un corps qui change

En fait, j’apprends énormément à m’écouter différemment mais c’est que ça va m’aider pour la reprise. J’aime cette rigueur de l’entraînement et je continue. Mais accepter que parfois ce que j’ai prévu n’est pas adapté aujourd’hui c’est un toujours cette recherche d’équilibre. 

Le sixième mois, mon corps change vraiment. Mon ventre s’arrondit. Je profite encore de ces semaines pour partir 3 jours à vélo. Je prends mon rythme. C’est encore confortable. Lors de notre stage Yoga Trail dans la vallée de l’Ubaye avec Perrine, je profite des cours de yoga et de belles balades en montagne de plusieurs heures encore. 

Enceinte, tout est plus dur. Je suis plus essoufflée et c’est normal. J’ai commencé un suivi très global avec Joséphine, kiné spécialisé sur le suivi des athlètes tout au long de la grossesse jusqu’à la reprise des compétitions. Il est possible de faire des entraînements à 90% de la fréquence cardiaque maximale pendant 30 minutes sans conséquences sur le fœtus. Cette dernière monte rapidement surtout avec la chaleur. Mais ça montre bien que l’on peut faire beaucoup de choses. On discute de la grossesse, de l’accouchement, de l’organisation post partum et de la reprise. J’apprends plein de choses, c’est passionnant. L’idée est d’anticiper au maximum afin d’avoir les cartes en main pour la suite pour continuer à se faire plaisir en toute sécurité. 

Chaque grossesse est différente. Chaque femme est différente. Je vis à fond cette période unique de ma vie sans culpabiliser. Je profite de chaque journée et j’ai surtout la chance d’être en forme, d’avoir les feux verts médicaux, et surtout d’être super bien entourée. 

Les chiffres 

  • Janvier et février: 20 heures semaine avec beaucoup de ski 

  • Mars et avril : 83 heures/mois dont 380 km à pied, 10 heures de muscu et 10 heures de yoga 

  • Mai: 60 heures avec plus de vélo et de muscu 

  • Juin : 70 heures dont 150 km à pied avec du dénivelé et toujours 10 heures de muscu et 10 heures de yoga. 

Et je continue à tout mettre sur strava quasiment 😉